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| ]ehan
de Saint-Quentin a composé, au début du XIVème
siècle, 22 "dits" en quatrains d'alexandrins
monorimes, tous narratifs, d'inspiration religieuse et destinés
à l'édification des auditeurs ou lecteurs.
Deux de ces "dits" ont pour point de départ
un pèlerinage à Saint-]acques-de-Compostelle
; ce sont le Dit des Annelés et le Dit des Trois
Pommes mais dans ce dernier seulement un miracle (la résurrection
d'un enfant) a lieu dans le sanctuaire même, devant
la statue du saint et se présente comme l'oeuvre
conjointe de Dieu et de Saint ]acques. |
Le
terme de "dit", genre aux contours flous et
au contenu hétérogène, se développe
au XIIIe siècle, particulièrement illustré
par Rutebeuf (Dit de la maille, Dit de l'herberie, etc.)
et au XIVe siècle par Guillaume de Machaut (Le
Voir Dit, La Fontaine amoureuse, etc.). Il recouvre une
réalité très disparates, depuis le
boniment de foire jusqu'au conte moralisant et religieux
en passant par le récit allégorique, didactique,
politique, les textes lyrico-narratifs et les arts poétiques.
Les "dits" de Jehan de Saint-Quentin se caractérisent
par la présence d'un merveilleux chrétien,
sous forme de voix célestes ou de miracles qui
manifestent l'intervention de Dieu, de la Vierge, des
anges ou des saints. Ils sont narratifs et d'inspiration
religieuse, mettant souvent en scène la Vierge
et le Diable et visant à édifier les auditeurs
ou lecteurs auxquels le poète s'adresse directement
à de nombreuses reprises, soit pour relancer leur
attention, soit pour l'attirer sur un événement
particulièrement dramatique, miraculeux ou exemplaire.
Pour deux d'entre eux, le Dit des trois pommes et le Dit
des annelés, le point de départ de l'intrigue
est un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle
et le théâtre de l'action, en grande partie,
le chemin de Saint-Jacques. Mais, si dans le "Dit
des trois pommes" le miracle (la résurrection
d'un enfant assassiné dans une auberge) a lieu
dans la chapelle de Saint-Jacques et est à attribuer
au saint, dans le "Dit des annelés",
il est l'oeuvre de Dieu seul ou du Christ, le poète
nommant indifféremment les deux personnes de la
Sainte Trinité.
Remarquons enfin que si le pèlerinage est toujours
entrepris dans une intention pieuse (accomplissement d'une
promesse faite au saint, désir de faire pénitence
en endurant les inconvénients du voyage par dévotion
à son égard), le chemin est le lieu de tous
les drames (assassinat de l'enfant dans le "Dit des
trois pommes") et de toutes les folies (adultère
sur le point d'être consommé dans le "Dit
des annelés"). Il est aussi le lieu de la
rédemption où les pécheurs repentants
expient leur faute à force de macérations
et de prières.
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| Oeuvre
déposée à la Société
Suisse des Auteurs sous le n° CH02771 en date
du 14 novembre 2003 |
© Patrice Michaud 2003-2007 • Tous droits réservés pour tous pays |
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