EVOLUTION HISTORIQUE DE L'OCCITAN
La Période Classique : Du IXème au XIIIème siècle, l'Occitan central possède une déclinaison avec deux cas identiques à celle du français ancien. Jusqu'au milieu du XIIème siècle, il semble y avoir eu coïncidence entre l'usage écrit et la langue parlée. A partir de cette époque, la déclinaison disparait de l'usage vulgaire mais persiste dans les textes écrits. Cette première période est illustrée par la littérature courtoise, celle des troubadours.
La Période Vulgaire : La seconde période, qui va du commencement du XIVème siècle jusqu'à la moitié du XVIème siècle, est marquée par l'abandon total des règles de la déclinaison dans les textes écrits. La langue se localise de plus en plus et prend le caractère dialectal. Une part du vocabulaire ancien et principalement les termes de la langue courtoise disparaissent. Cette perte est compensée par la multiplication des mots savants empruntés au grec ou au latin et destinés à exprimer les choses du droit, de la médecine, de la philosophie et de la théologie. La langue a une vie littéraire insignifiante; par contre elle sert à rédiger les actes, les délibérations, les comptes, la correspondance et les chroniques de nos communes occitanes. Ces documents constituent une masse énorme d'un grand intérêt linguistique et historique.
La Période Décadence : De la seconde moitié du XVIème siècle à nos jours, l'Occitan est chassé de l'usage écrit et se transforme rapidement en un "patois". Il perd tout le vocabulaire écrit pour se réduire exclusivement aux termes de la conversation courante des paysans et des artisans. Quand les écrivains veulent exprimer des idées plus élevées, ils sont obligés de prélever les mots qui leur font défaut au français. De plus, sous l'influence de l'idée que le français est un idiome supérieur du fait qu'il s'introduit dans l'usage journalier des classes bourgeoises et aristocratiques, les Occitans tendent de plus en plus à employer des formes françaises.
La Période Renaissance : La renaissance moderne de l'Occitan s'est produite sous l'influence de l'école historique de la fin du XVIIIème siècle avec des livres comme "L'Histoire du Languedoc" des Bénédictins ou "L'Histoire Littéraire des Troubadours" de l'abbé Millot, écrite avec les matériaux réunis par Lacurne de Sainte-Palaye. Il ne faut pas non plus mettre de coté le rôle joué par le Romantisme dans le réveil spirituel des peuples affaiblis par l'impérialisme des siècles précédents.
Extrait de "Gramatica Occitana" par Louis ALIBERT et traduit de l'Occitan par l'E.O.A.